Luc Chatel a lancé le forum des services mobiles sans contact. Objectif : déboucher sur de vrais services dès l'an prochain.
Bientôt, il suffira simplement de passer son téléphone mobile sur une borne pour prendre le métro, monter dans le bus, louer un vélo, acheter une cannette de boisson dans un distributeur, payer son parcmètre, enregistrer ses points de fidélité lors d'un achat, etc. Exit les innombrables cartes de paiement qui encombrent sacs et portefeuilles.
Les consommateurs en rêvent, la technologie fonctionne et les opérateurs de téléphone sont prêts. Las, les consommateurs ne voient toujours rien de concret. Car depuis des années, les uns et les autres mènent des expérimentations concluantes, certes, mais chacun dans son coin.
Bouygues Telecom a ainsi testé avec la RATP et la SNCF le mobile comme titre de transport en Ile-de-France. L'opérateur a également testé le mobile dans les transports à Grenoble. Orange, de son côté, a expérimenté le mobile dans les transports avec la SNCF en Ile-de-France et à Rennes. Orange, SFR et Bouygues Telecom se sont alliés pour le micropaiement à Caen et Strasbourg… Mais ces services, qui promettent de révolutionner la vie des Français, ne dépassent pas le stade des essais.
Désireux de passer à une commercialisation rapide de tous ces services à grande échelle, Luc Chatel, secrétaire d'État en charge de l'Industrie et de la Consommation, a lancé hier le forum des services mobiles sans contact. Il réunira les fabricants de téléphones, les banques, les sociétés de transports, la grande distribution et les opérateurs mobiles mais aussi les associations de consommateurs, et sera présidé par une personnalité du monde économique.
La difficulté majeure que rencontrent les acteurs, et qui freine toute la mécanique, c'est bien la fragmentation des sociétés concernées. Des banques aux commerçants en passant par les multiples régies de transports, l'écosystème économique du mobile sans contact est aujourd'hui très atomisée.
« Ce qu'il faut, c'est que les différents acteurs partagent des objectifs communs, se mettent d'accord sur les grands principes comme la méthode de facturation, le partage de la valeur, etc., en vue d'une signature avant la fin de l'année », a déclaré Luc Chatel. Le ministre, qui attend « des résultats concrets dans les prochains mois », estime « qu'il y a un vrai potentiel si la filière se structure et que l'on trouve la bonne articulation des différents acteurs ».
Ce type de forum sur des sujets complexes, faisant intervenir de nombreux acteurs de secteurs différents, a fait ses preuves. Ce fut le cas par exemple pour le forum sur la télévision mobile.
Luc Chatel a également annoncé le lancement d'un appel à projet spécifique avant la fin de l'année pour soutenir les innovations et la création de services multiples.
Parallèlement, Orange, SFR, Bouygues Telecom et NRJ Mobile ont annoncé hier la création de l'Association française du sans contact mobile (AFSCM). Son objectif : accompagner les fournisseurs de services (banques, transporteurs…) dans la mise en œuvre de leurs services sans contact, et ce, quel que soit l'opérateur mobile.
Tous les acteurs concernés ont intérêt à s'entendre. Car le marché des services mobiles sans contact, s'il décolle, est promis à un bel avenir. Un tiers des mobiles vendus dans le monde devraient être équipés d'une puce sans contact en 2011 et les transactions devraient représenter 34 milliards de dollars, selon les études citées par le ministère.
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