Le service télématique français, né au début des années 80, dispose toujours de 4 000 services actifs, et environ 1 million de terminaux sont encore utilisés. Selon France Télécom, l’avenir du Minitel est d’assurer les services pros.
Internet n'a pas encore eu la peau du Minitel ! Ce dernier a généré 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007 partagés entre France Télécom (FT) et les fournisseurs de services télématiques. Quelque 220 millions de connexions ont été réalisées durant l'année, soit environ 20 millions par mois, indique l'opérateur historique. Environ 4 000 services sont toujours actifs.
Bien entendu, le trafic du Minitel est aujourd'hui sans commune mesure avec la période 1992 -1996, où il était à son apogée. Avec l'arrivée du Net, il a perdu 90 % de son audience sur une décennie, et la tendance est exponentielle puisqu'entre 2006 et 2007, il a encore perdu 35 % de son trafic.
En 1996, le nombre de services télématiques atteignaient les 25 000 et généraient près d'un milliard d'euros de revenus. Le parc installé de terminaux était alors de 6,5 millions d'unités, réparties dans les foyers, les entreprises ou les services administratifs. Ce parc serait aujourd'hui de 4,2 millions, en intégrant aussi les logiciels d'émulation Minitel sur PC (2 millions). Mais seulement 25 %, soit environ 1 million de Minitel sont encore actifs, dont 800 000 terminaux (au moins une connexion mensuelle).
Si aucune nouvelle machine n'est plus fabriquée, les anciennes sont recyclées, c'est-à-dire restaurées pour répondre à une demande de plus en plus faible. « Il n'y a plus de réapprovisionnement automatique dans les agences France Télécom, mais nous en vendons encore » (il en coûte de 136 à plus de 400 euros selon les modèles).
Lancé dès l'origine du Minitel en 1981, l'annuaire (3611) a toujours été, et demeure encore, le service le plus utilisé : il représente à lui seul 80 des 220 millions d'appels en 2007. Sur les 140 restants, 39 % correspondent à un usage grand public : argus, météo, annuaire inversé, astrologie, PMU. « La messagerie rose a quasiment disparu », indique-t-on chez France Télécom, et en octobre dernier la SNCF a fermé son service Minitel.
Après les usages grand public, ceux réservés aux professionnels représentent 36 % des revenus générés en 2007. Le peloton de tête est assuré par le service Lamy, une bourse de fret pour transporteurs routiers, qui permet aux camions ayant livré leur marchandise de trouver une cargaison pour leur retour. Le service Minitel NMPP (distributeur de presse française et internationale) permet toujours aux kiosquiers de passer commande. Autre exemple : Interflora utilise toujours un service dédié pour ses livraisons entre magasins. Enfin les bases de données Infogreffe et des services fournissant des infos sur les entreprises sont aussi encore utilisés.
Par ailleurs, 25 % des revenus correspondent aujourd'hui aux services financiers, que ce soit la consultation des cours de la Bourse, ou du compte de particuliers. à ce sujet, « certains particuliers préfèrent encore passer par le Minitel plutôt qu'internet pour consulter leur compte », indique-t-on chez France Télécom.
Pour 2008, l'opérateur historique s'attend bien entendu à une baisse du chiffre d'affaires généré par le Minitel, qui devrait passer sous la barre des 100 millions d'euros. « L'avenir du Minitel est d'assurer les services pros », indique Olivier Bon, directeur des kiosques multimédias chez FT. « Il n'est pas question de l'abandonner, même si la plupart des éditeurs s'organisent pour la migration de leurs services vers internet d'ici à 2010 ». à cette date, il ne devrait plus y avoir qu'un millier de services Minitel.
Pour le responsable, le bilan du Minitel est très positif. « Il aura préparé le terrain d'internet tant du côté des consommateurs que des éditeurs », poursuit-il rappelant que des succès de l'internet, comme Meetic ou Boursedesvols.com, ont été lancés par d'anciens des services télématiques. « Son modèle économique a inspiré NTT DoCoMo pour l'imode et perdure encore aujourd'hui sur le Net avec le système de facturation Internet Plus, qui permet d'accéder à des services payés sur la facture de votre FAI », conclut le responsable.
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